Jardins partagés : les nombreux avantages

Faire le jardin ensemble

Que ce soit en entreprise, dans une résidence ou un quartier, concevoir et installer un jardin ensemble crée de nouveaux liens de complicité. Chacun est amené à exprimer ses besoins et ses envies pour le jardin, à parler de ses expériences passées. Quand on parle du jardin, on parle de soi, et on échange avec les autres sur les sensibilités qu’on a en commun ou sur nos différences de pratiques et de points de vue. C’est donc un excellent moyen de mieux se connaitre et tisser des liens.

jardin partagé de quartier
Construction d’une zone de culture en lasagne dans un jardin partagé de quartier.

Créer des zones favorables à la biodiversité

Il est possible de créer un espace de jardinage naturel même sur une dalle bétonnée, un sol à nu ou un carré d’herbe rase. On crée alors une toute nouvelle zone d’accueil de la biodiversité :
– Des animaux comme les insectes ou les oiseaux vont venir l’habiter et s’y nourrir ;
– Des espèces végétales sauvages pourront s’y installer naturellement.

Construire un coffrage et utiliser la technique de la lasagne (alternance de différentes couches végétales) permet de former un sol très rapidement pour les plantes. La vie microbienne et la microfaune vont progressivement transformer les matières organiques en humus. Les vers de terre et autres animaux dégradeurs de matière commencent à se nourrir et prennent leur place dans l’écosystème.

Les insectes, notamment les butineurs, vont largement profiter des plantes qu’on installe au jardin. Plus les espèces plantées (ou sauvages qu’on laissera s’installer) sont diversifiées, plus l’écosystème du jardin est riche. La conséquence positive de cette diversité : une meilleure lutte naturelle contre d’éventuelles maladies ou “ravageurs”. Dans un écosystème diversifié, les “ravageurs” sont très rapidement contenus par leurs prédateurs naturels. Ils ne “ravagent” donc rien, mais se nourrissent simplement, sans proliférer.

Fleur de courgette, bourdon et courgette
Fleur de courgette et bourdon

Le jardin beau et bon

Entre un jardin nourricier et esthétiquement agréable : pas besoin de choisir ! Il suffit de mélanger suffisamment d’espèces végétales pour profiter des cycles de pousse, floraison et récoltes échelonnées. De nombreuses fleurs sont également comestibles, comme par exemple le calendula et la bourrache.
Lorsque cela est possible, il est intéressant de planter des arbres fruitiers ou des plantes vivaces grimpantes, car ceux-ci offrent une floraison abondante et des productions généreuses. De plus, il s’agit de plantes pérennes : contrairement aux plantes annuelles, potagères ou d’ornement, on les met en terre une seule fois et on profite de leur production pour de nombreuses années.

Limiter la concentration de chaleur

La végétalisation est le moyen le plus efficace de limiter le phénomène d’ilots de chaleur. Dans les zones urbanisées où se trouve une grande quantité d’asphalte, de surfaces minérales (places pavées, immeubles…) et très peu de végétation, le rayonnement solaire et la chaleur se concentrent et s’amplifient. Durant les épisodes de canicule, qui deviennent, malheureusement, de plus en plus fréquents, la température est difficilement supportable dans ces zones. Parmi les moyens mis en œuvre pour casser ce phénomène dans les lieux concernés, la végétalisation a montré son effficacité. Arbres, plantes grimpantes, murs de végétaux : la surface des feuilles capte le rayonnement solaire au lieu de l’emmagasiner sous forme de chaleur, comme c’est le cas sur une surface minérale.

Une végétalisation de ces zones sous forme de jardin partagé peut permettre d’accumuler les avantages : rendre le lieu plus beau, plus frais en été, permettre aux habitants de profiter des espaces extérieurs et se retrouver pour cueillir les productions du jardin.

Stocker du carbone

Lorsqu’une plante respire, elle capte le CO2, garde le C et rejette de l’O2. Autrement dit, elle garde le carbone, dont elle a besoin, et rejette de l’oxygène. Le carbone est l’élément structurant du végétal. Il est constitutif de ce qui est rigide dans la plante. Les tiges ligneuses et les troncs des arbres sont constitués majoritairement de carbone.

Trouver des moyens de stocker du carbone est un enjeu primordial pour l’avenir des écosystèmes planétaires et de l’humanité. Le jardin partagé permet de stocker du carbone de 3 manières :
1) Construire en bois local un maximum d’éléments du jardin (mobilier, coffrage des zones de culture, etc) permet de garder emprisonné plusieurs kg de carbone, contenu dans la structure du bois.
2) Faire pousser des plantes et des arbres. Permettre à des tiges ligneuses et arbres de pousser c’est stocker du carbone là où on ne le faisait pas auparavant.
2) Faire grandir la couche d’humus : créer du sol avec des matières organiques directement issues du jardin et du broyat de bois, c’est stocker du carbone dans un “nouveau sol”.

La quantité de carbone stockée dans un petit jardin partagé peut sembler dérisoire, mais si des centaines de jardins partagés voient le jour simultanément, la quantité de carbone stockée devient significative.

Il est également important de noter que toutes les productions alimentaires du jardin partagé évitent également la production de carbone. En effet, on mange sur place un fruit ou un légume au lieu de manger un autre fruit ou légume qui aurait parcouru plusieurs centaines ou milliers de kilomètres pour arriver jusqu’à notre assiette !

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